Définition du TDAH
Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est un trouble du neurodéveloppement qui associe, à des degrés variables, des difficultés d’attention et de concentration, une hyperactivité et une impulsivité.
Les premiers symptômes apparaissent généralement durant l’enfance et peuvent persister jusqu’à l’âge adulte. La triade symptomatique principale repose sur l’inattention, l’hyperactivité et l’impulsivité. Leur expression varie selon l’âge, les caractéristiques de chaque personne et le moment où le diagnostic et la prise en charge sont mis en place.
Quelques éléments de physiopathologie et leur lien avec la réflexologie
Le TDAH est aujourd’hui considéré comme un trouble complexe du fonctionnement et de la communication entre différents réseaux cérébraux impliqués notamment dans l’attention, la motivation, la gestion des émotions et le contrôle du comportement.
Plusieurs régions cérébrales sont impliquées, notamment le cortex préfrontal et pariétal, ainsi que certaines structures sous-corticales telles que l’amygdale et le cervelet. Ces différentes régions communiquent notamment grâce à des neurotransmetteurs comme la dopamine et la noradrénaline, qui jouent un rôle important dans la régulation de l’attention, de la motivation et du comportement.
Ces particularités peuvent contribuer aux principales manifestations du TDAH : difficultés à maintenir son attention face aux distractions, impulsivité, hyperactivité, difficultés de régulation émotionnelle et fonctionnement de la motivation particulièrement influencé par l’intérêt, la nouveauté ou la recherche de récompense immédiate.
C’est à partir de ces différentes manifestations que certains trajets de réflexologie peuvent être mis en perspective.
Les systèmes intéressants à stimuler en réflexologie
Système nerveux
Comment parler du TDAH sans s’intéresser au système nerveux et à son équilibre ?
Le système nerveux végétatif (SNV) constitue ainsi un trajet particulièrement intéressant. Il participe à l’équilibre entre le système orthosympathique, associé notamment à l’action et à l’activation, et le système parasympathique, davantage associé au repos et à la récupération. Dans le cadre du TDAH, son travail peut s’inscrire dans une recherche d’apaisement et de régulation, notamment face à l’hyperactivité, à l’impulsivité et au stress.
Système hormonal
Cette approche peut être complétée par le système endocrinien, qui participe à la régulation et à l’équilibre général de l’organisme. Les interactions entre le système nerveux et le système hormonal sont nombreuses. Ce trajet peut ainsi trouver sa place dans l’accompagnement des manifestations émotionnelles et comportementales du TDAH, ainsi que des difficultés de sommeil fréquemment rencontrées. La glande pinéale intervient notamment dans la régulation des rythmes veille-sommeil.
Système cérébral
Les difficultés d’attention, de concentration et de mémoire étant au cœur du TDAH, le télencéphale trouve également tout son intérêt. Associé aux fonctions cérébrales supérieures, il peut être mis en lien avec les fonctions cognitives sollicitées dans le quotidien : attention, concentration, mémoire et capacité à se centrer.
Le métencéphale vient compléter cette approche neurologique. Son intérêt est notamment lié au nerf vague, qui constitue une voie majeure de communication entre le cerveau et différents organes, en particulier le système digestif. Il peut ainsi être intégré à une réflexion plus globale autour de la régulation du système nerveux et est particulièrement intéressant pour l’hyperactivité.
Système émotionnel
La régulation émotionnelle constitue également un aspect important du TDAH. L’amygdale et, plus largement, le système limbique participent à la gestion des émotions et du stress. Le système émotionnel peut ainsi être intégré à cette approche, notamment lorsque l’hypersensibilité, les réactions émotionnelles intenses ou les difficultés à réguler les émotions sont présentes.
Diaphgrame thoracique
Dans cette même recherche d’apaisement, le diaphragme thoracique présente un intérêt particulier. Étroitement lié à la respiration, il peut être influencé par les états de stress et de tension. Son travail vise principalement la détente et peut donc accompagner les situations de stress ou d’anxiété, qui peuvent être associées au TDAH.
Le système digestif : un lien entre le corps et le cerveau
Parmi les différents trajets, le système digestif mérite une attention particulière. Au-delà de son rôle dans la digestion, il entretient une communication étroite et bidirectionnelle avec le cerveau, notamment par l’intermédiaire du nerf vague. Cette relation constitue l’un des éléments de l’axe intestin-cerveau, faisant de l’intestin un acteur important des interactions entre système digestif, système nerveux et équilibre émotionnel.
L’expression « deuxième cerveau » est souvent utilisée pour désigner le système nerveux entérique, particulièrement riche en neurones et capable de communiquer avec le système nerveux central. L’intestin participe également à la production de nombreux messagers chimiques, dont la sérotonine, impliquée notamment dans la régulation de l’humeur et du sommeil.
Ainsi, dans le cadre du TDAH, le travail du système digestif peut être envisagé dans une approche globale, en s’intéressant aux interactions entre le fonctionnement digestif, le système nerveux, les émotions et le bien-être général. Le lien avec le nerf vague permet notamment de faire le rapprochement avec le métencéphale et de retrouver cette idée essentielle d’une communication permanente entre le cerveau et le reste de l’organisme.
Ces différents trajets ne constituent pas un traitement du TDAH, mais peuvent s’inscrire dans une démarche d’accompagnement visant certaines manifestations qui lui sont associées, notamment le stress, les tensions, les difficultés de régulation émotionnelle ou encore la recherche d’un meilleur état de détente et d’équilibre.
Cas pratiques et résultats
Les différentes études de cas présentées dans mon mémoire ont été réalisées à partir des trajets de réflexologie ERVE, en privilégiant ceux abordés précédemment. Chaque séance a été adaptée aux besoins de la personne et aux symptômes exprimés au moment de la prise en charge. Les trajets variaient donc d’une séance à l’autre, en fonction de la situation, de mes observations et des dimensions émotionnelles abordées.
- Cas n° 1 : Marion, 24 ans, présente principalement de l’anxiété, des TOC, des phases d’hyperfocus et, à l’inverse, des difficultés de concentration.
- Cas n° 2 : Léon, 7 ans, rencontre des difficultés de concentration, un manque de confiance en lui et des difficultés à gérer ses émotions.
- Cas n° 3 : Gabin, 10 ans, présente une hyperactivité, une irregularité émotionnelle avec une impulsivité importante et des difficultés de concentration.
Au fil de ces trois suivis, une évolution globalement positive a été observée, principalement sur le plan émotionnel, avec un apaisement général, une diminution du stress et une amélioration du sommeil. Les effets restent toutefois variables selon les personnes et les périodes, tandis que les difficultés d’attention et de concentration évoluent peu. Ces observations soulignent l’importance d’un accompagnement individualisé, de la régularité des séances et de la relation thérapeutique.
Conclusion
Bien que ce travail se soit appuyé sur différents trajets de réflexologie en lien avec le cerveau, les zones de la tête et la détente, notamment à travers le diaphragme thoracique, j’ai souhaité mettre l’accent, pour conclure, sur l’importance du système digestif et sur ses liens étroits avec le système nerveux.
Le système nerveux entérique, souvent surnommé le « deuxième cerveau », et ses échanges avec le cerveau, notamment par l’intermédiaire du nerf vague, m’ont particulièrement intéressée. Cette communication permanente entre l’intestin et le cerveau ouvre des pistes de réflexion autour des interactions entre fonctionnement digestif, émotions et système nerveux, qui mériteraient d’être davantage explorées dans le cadre du TDAH.
Dans cette perspective, le syndrome GAPS (Gut and Psychology Syndrome), qui propose un lien entre la santé digestive et certains troubles neurologiques ou comportementaux, constitue une piste qui pourrait être intéressante à approfondir.
Enfin, les suivis réalisés dans le cadre de ce mémoire m’ont permis d’observer des évolutions encourageantes, principalement sur le plan émotionnel, dans la gestion du stress et du sommeil, même si les difficultés d’attention et de concentration ont peu évolué. Cette expérience renforce mon intérêt pour une approche globale et individualisée de la personne, ainsi que mon envie d’approfondir les liens entre le système digestif et le système nerveux.
Résumé de mémoire.
Laura Guibouret, réflexologue ERVE.
